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 Il y a des financiers qui ne lâchent jamais leurs proies

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Pipaix



Date d'inscription : 20/04/2007
Nombre de messages : 12

MessageSujet: Il y a des financiers qui ne lâchent jamais leurs proies   25.05.07 13:23

Nombre croissant des traqueurs de dettes. Les " fonds vautours "

Il y a des financiers qui ne lâchent jamais leurs proies. Les quarante PPTE ou pays pauvres et très endettés sont de plus en plus souvent menacés par des «fonds vautours» prêts à tout pour fondre sur leur moindre richesse. Un phénomène suffisamment grave pour que le Club de Paris, qui réunit les riches pays créanciers, s'en inquiète publiquement mercredi. «L'attention du public a récemment été attirée sur l'action de créanciers qui mettent en oeuvre des stratégies contentieuses à l'égard des PPTE», souligne dans un langage diplomatique le Club de Paris. De fait, les pays riches tirent la sonnette d'alarme face à la recrudescence de ces traqueurs de dettes souvent domiciliés dans les paradis fiscaux et qui n'hésitent pas à faire les poches des Etats.
Au nombre de quarante-cinq environ, ces fonds sont souvent de petites structures très consommatrices d'honoraires d'avocats et dont le modèle consiste à acheter à des prix décotés des créances à l'abandon. Créances qu'elles font ensuite valoir devant les tribunaux pour obtenir leur paiement via des saisies sur des actifs (comptes en banque, avoirs financiers) à l'étranger. C'est ainsi que le fonds Donegal International a racheté en 1999, pour 3,2 millions de dollars, une dette de 55 millions de dollars contractée en 1979 par la Zambie à l'égard de la Roumanie pour l'achat de tracteurs. Traduite en justice devant la Haute Cour de Londres, la Zambie a été récemment condamnée à payer 17,5 millions de dollars à Donegal. Si le phénomène n'est pas neuf ­ en 2000, le Pérou avait dû acquitter une dette de 55 millions de dollars rachetée pour 11 millions par un «fonds vautour» ­, il se généralise avec les annulations de dette consenties par les pays riches et les bailleurs internationaux (FMI, Banque mondiale). La Zambie a vu sa dette réduite de 95 % par le Club de Paris, ce qui l'a rendue plus solvable aux yeux de la justice britannique, qui du coup s'est montrée plus réceptive aux demandes de ses créanciers.
Le G8 et le Club de Paris veulent donc stopper des pratiques qui reviennent à enrichir des fonds peu scrupuleux en profitant des efforts financiers des pays riches. Une pratique perverse dite du «passager clandestin», consistant à monter dans l'avion du désendettement pour mieux exiger le paiement de créances à première vue modestes ­ 2 milliards de dollars exigés par les fonds vautours ­ au regard de celles qui ont déjà été annulées par le Club de Paris ­ 42 milliards de dollars.
«Les conséquences sont désastreuses , analyse un spécialiste du désendettement, cela ruine les logiques coopératives mises en place avec ces pays, les incite à planquer leurs ressources, et compromet les objectifs de lutte contre la pauvreté.» Si les solutions seront difficiles à mettre en place, le Club de Paris ne désespère pas que son cri d'alarme dissuade certains prêteurs de revendre leurs créances à ces fonds vautours. « Naming and shaming » («nommer et mettre la honte»), disent les Anglais.
Au Congo, des créanciers qui ont bon dos
Le Président justifie sa gestion opaque du pays par la pression de ces fonds voyous.
Voilà qui va faire plaisir au président congolais. La dénonciation du Club de Paris intervient après des mois de confrontation entre autorités de Brazzaville et associations de lutte contre la corruption. Pointé du doigt pour l'opacité de la gestion de la manne pétrolière, le chef de l'Etat, Denis Sassou-Nguesso, s'est opportunément mué en chantre de la lutte contre les «fonds vautours», coupables à ses yeux de déstabilisation des finances congolaises. Et pour cause : le Congo est la principale cible de ces fonds qui rachètent à vil prix la dette des pays pauvres pour ensuite exiger, souvent devant la justice, des remboursements faramineux.
Barils. D'après Brazzaville, les fonds vautours exigent 150 millions de dollars, en remboursement de dettes congolaises rachetées pour 1,5 million. La société Kensington, basée aux îles Caïmans, est l'une des plus virulentes. Elle a obtenu gain de cause face à l'Etat congolais devant des tribunaux britannique et américain, en 2005 et 2006. Lors de ces procès, des montages financiers complexes ont été mis au jour en Grande-Bretagne, révélant d'importants détournements de fonds publics congolais par l'intermédiaire de toute une série de sociétés écrans. Aux Etats-Unis, un autre jugement a donné raison à Kensington contre la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et certains de ses dirigeants. La justice a ainsi autorisé la société à saisir les cargaisons et recettes pétrolières congolaises transitant par le territoire américain. Conséquence, la SNPC, craignant que ses barils soient appréhendés par ses créanciers, a suspendu en mars dernier ses exportations d'or noir vers les Etats-Unis, préférant les marchés latino-américain et asiatique.
S'appuyant sur ces décisions de justice, un rapport de l'ONG britannique Global Witness intitulé «l'Enigme du Sphinx» ­ du nom d'une société écran qui aurait permis aux autorités congolaises de dissimuler à ses créanciers une partie de ses revenus pétroliers ­ accuse le Congo de gestion opaque de ses pétrodollars, principale ressource du pays. Une pluie de critiques émanant de diverses organisations de défense des droits de l'homme s'est alors abattue sur Brazzaville. Et le concept de fonds vautours est tombé à pic pour le président congolais, dont des proches sont accusés de malversations. Si le Congo «cache» ses revenus pétroliers, c'est pour échapper à des «créanciers vautours» qui veulent saisir les comptes du pays, se sont défendues les autorités, faisant mine de regretter d'avoir eu recours à ces mécanismes peu orthodoxes pour se protéger. Les sociétés écrans qui ont servi à détourner des recettes pétrolières congolaises auraient donc été mises en place pour échapper à leur voracité.
De parfaits boucs émissaires, selon plusieurs membres de la société civile congolaise. «En tant que citoyen africain, je ne peux que dénoncer les fonds vautours qui profitent de la faiblesse et de la pauvreté de certains Etats du Sud, indique l'un d'eux. Mais, dans le cas du Congo, les enquêtes que ces sociétés détentrices de fonds vautours ont diligentées pour récupérer leur argent ont tout de même permis de mesurer l'ampleur des détournements dans la gestion des fonds pétroliers du pays.»
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