LA VOIX DES EMPRUNTS RUSSES

Association Nationale des Porteurs d' Emprunts Russes
 
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 ELTSINE PAIE LA DETTE DES TSARS

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B.Talvadit
Secrétaire


Date d'inscription : 10/11/2006
Nombre de messages : 28

MessageSujet: ELTSINE PAIE LA DETTE DES TSARS   12.06.08 20:00

Nouvel Observateur - jeudi 5 décembre 1996
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Accord signé. Quatre-vingts ans après la révolution de 1917, la Russie rembourse enfin les célèbres emprunts. Une indemnisation estimée à 300 francs par titre
Ils pourrissaient enfouis dans les greniers, maudits par vos arrière-grands-parents, qui avaient vu leur pécule s'évanouir après la révolution bolchevique. Et voilà que quatre-vingts ans après Victor Tchernomyrdine, le Premier ministre de Boris Eltsine, s'engage à rembourser les célèbres emprunts russes, la dette du tsar ! Oh, le geste est symbolique: les spoliés de 1917 se partageront 2 milliards de francs sur quatre ans. Soit environ 300 francs par titre, moins que le prix d'émission, 500 louis d'or (8500 francs actuels)...
Mais pourquoi diable avoir déterré cette vieille histoire ? Tout simplement parce que la Russie convoite un siège au Club de Paris, la respectable table des Etats riches et créanciers, où l'on négocie avec les pays défaillants. Voilà une bonne raison pour se laver de ce péché de jeunesse ! Ce n'est pas tout. Boris Eltsine courtise aussi les marchés financiers. Il vient de lancer un emprunt international de 5 milliards de francs. Emis partout. Mais pas en France, à cause du vieux litige des emprunts russes.
Cette brouille effacée, la Russie pourra donc refaire appel à l'épargne française, ce qui ne s'était jamais produit depuis... 1918. Il n'y avait pourtant aucun obstacle juridique. Mais voilà, on ne brise pas impunément les vieux tabous. Difficile de résister à la pression de toutes les associations, qui trouvaient scandaleux de souscrire à un nouvel emprunt alors que la vieille addition n'avait pas été payée. La preuve ? «Fin 1994, une banque a voulu commercialiser un produit d'épargne destiné à être investi dans des obligations des pays de l'ex-URSS. Des porteurs de titres russes ont alerté le ministère des Finances, qui a finalement interdit l'émission», explique Joël Frémond, auteur du livre «les Emprunts russes». La COB (Commission des Opérations de Bourse), qui avait donné son feu vert, a même dû revenir sur sa position! «C'est normal. Une dette reste une dette», reconnaît un banquier. On peut étaler les paiements à l'infini, mais enterrer son ardoise, ça non! Ce principe a nourri les rumeurs de remboursement pendant près d'un siècle. De quoi maintenir en vie le microscopique marché des titres russes en Bourse. «Les Allemands, les Polonais, les Hongrois, les Argentins ont remboursé. Même les titres du fameux canal de Panama ont été indemnisés! Chaque fois qu'un de ces vieux emprunts était remboursé, cela relancait la spéculation sur les "russes"», se souvient Raymond, un vieux commis de Bourse qui a même connu le krach de 1929. Raymond a suivi une bonne partie du feuilleton russe, un véritable vaudeville, avec la France dans le rôle du mari trompé. En 1881, c'est la lune de miel: 1,6million de rentiers français se ruent sur ces titres garantis sur l'or, et financent ainsi les villes de Kiev, d'Odessa ou les forges de Donetsk. Exotisme garanti. Las, en 1917 arrive la révolution bolchevique. Le gouvernement français soutient sans faillir le régime tsariste. Pendant ce temps, l'Angleterre indemnise à ses frais la grande majorité de ses petits porteurs. Et, pragmatique, négocie déjà avec les soviets pour récupérer sa mise. Bon calcul ! La France, elle, réalisera trop tard qu'elle s'est trompée de cheval. Elle va peiner dans les négociations. En 1927, l'URSS propose de rembourser «seulement» 15% de sa dette. Poincaré, offusqué, refuse. Les emprunts russes s'enfoncent dans les oubliettes de l'histoire. D'autres obtiennent réparation: la Suède en 1941, le Canada en 1947, le Danemark en 1964... En Angleterre, il restait aussi quelques titres en vadrouille. En 1986, 3800 porteurs vont être remboursés grâce à... 2 tonnes d'or russe enfouies dans un coffre de la banque Barings. Ah, le légendaire or slave... Et en France? Selon les associations de petits porteurs, il y en aurait 47 tonnes, déposées à la Banque de France depuis... 1919. Un stock que Lénine avait versé à l'Allemagne en 1918, qui a finalement atterri en France, quelques mois après la signature du traité de Versailles! Les petits porteurs s'accrochent à ce magot d'une valeur de 3 milliards de francs, qui étofferait les «maigres» 2 milliards qu'ils se partagent aujourd'hui. Mais la Banque de France a toujours refusé.
Sacrés porteurs! Ils seraient au moins 400.000, peut-être plus... Une commission d'indemnisation, présidée par Jean-Claude Paye, ancien patron de l'OCDE, fera l'inventaire. Dans les rangs des spoliés on trouve de tout. Voici Gilberte Beaux, banquière, par ailleurs ex-conseillère de Jimmy Goldsmith, Raymond Barre et Bernard Tapie, qui demande réparation pour des puits de pétrole confisqués avant la guerre. Voici aussi les chineurs, les passionnés de titres anciens. Comme Jean-Marie Lattès, président d'une des associations, qui adore «le hors cote, où l'on déniche toutes les valeurs biscornues». Dans les années 60, «suite à un faux tuyau», il s'est «mis au russe, un petit vice». Aujourd?hui il est dépité. «Nous toucherons 200 francs par titre, estime-t-il, alors que les Anglais ont obtenu 700 francs!» Et surtout il se fait insulter par les petits porteurs de son association qui avaient déjà bâti des châteaux en Espagne. Telle cette vieille dame qui brandissait sa petite liasse chez le notaire pour acheter une maison dans le Sud. Avec les intérêts sur quatre-vingts ans, son titre vaudrait... 36.000francs! Les petits malins qui ont raflé des titres 3 francs pièce râlent pour la forme, mais à leurs côtés il y a cette foule d'anonymes, touchante ou cocasse. Ceux-là étaient persuadés qu'ils gagneraient un jour le gros lot. Et ils ressassent sans fin des histoires à la Balzac : des dots constituées en emprunts russes parties en fumée, un grand-père ruiné qui a vendu sa ferme. Comme ces Russes blancs au service du tsar qui avaient reçu tous leurs salaires en titres. Les héritiers les avaient pieusement conservés, dans l'attente du grand soir...
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