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 Comment Paris est devenu le meilleur ami du Kremlin

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RogeR
Président


Date d'inscription : 09/11/2006
Nombre de messages : 418

MessageSujet: Comment Paris est devenu le meilleur ami du Kremlin   28.06.10 12:19

A l’Elysée comme à Matignon, les autorités françaises savent prêter l’oreille aux desideratas de la Russie. Qui les conseille ? Avec quels objectifs ? Un hebdomadaire moscovite mène l’enquête.


Deux jours avant la venue de Vladimir Poutine à Paris [le 10 juin], son principal ennemi dans l’espace post-soviétique, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, était lui aussi de passage dans la capitale française. La poignée de mains que Nicolas Sarkozy a échangée avec lui, à la veille de rencontrer le Premier ministre russe, était un geste lourd de sens, mais non dirigé contre Moscou. Car Sarkozy est bien décidé à réitérer son succès diplomatique du mois d’août 2008, lorsqu’il avait réussi à pousser Moscou et Tbilissi à signer un “plan de paix” de son cru, évitant ainsi que les chars russes n’entrent dans la capitale géorgienne. Il songe à nouveau à jouer les médiateurs, cette fois pour réconcilier Saakachvili avec le Kremlin. D’ailleurs, la visite du président géorgien à Paris était le premier déplacement de celui-ci en Occident depuis la guerre russo-géorgienne. Il lui aura fallu six mois pour obtenir une entrevue avec le locataire de l’Elysée, qu’il avait sollicitée dès qu’avaient été connus les projets de Paris de vendre à Moscou des porte-hélicoptères Mistral, capables de permettre en quelques minutes un débarquement par mer ou par air sur Batoumi, Poti, Koutaïssi, c’est à dire n’importe où en territoire géorgien. Sarkozy n’a pas reculé au sujet de cette vente, mais il s’est rendu compte que la volonté de Moscou d’isoler le président géorgien ne menait nulle part. Les élections municipales du 30 mai ont montré que sur sa scène politique géorgienne, Saakachvili n’avait toujours pas de véritable adversaire. Sarkozy espère que Moscou l’aura compris aussi. Il se dit que c’est peut être l’occasion de lancer une nouvelle action de paix dans le Caucase.

Pendant ce temps, une partie des élites françaises estiment que Sarkozy et Fillon sont trop empressés auprès de la Russie de Poutine, qui n’aurait pas encore mérité ces bonnes dispositions. Une preuve de ce mécontentement a été l’hostilité soulevée par le projet de Moscou de construire une cathédrale orthodoxe russe en plein cœur de Paris, quai Branly. A l’automne dernier, un terrain de 5000 m² y a été mis en vente, ancien siège de Météo France. Les acheteurs se sont bousculés pour décrocher ce prestigieux emplacement. L’Arabie saoudite, entre autres, aurait voulu y bâtir une nouvelle ambassade, tandis que la Russie a présenté un projet hors-norme : une cathédrale orthodoxe. La campagne de lobbying avait été engagée dès 2007 par le patriarche de l’époque, Alexis II, et Sarkozy avait donné son accord de principe. Un appel d’offres a dû tout de même être organisé. Les événements se sont ensuite enchaînés à toute vitesse et, dès le 28 janvier, l’offre russe, d’un montant de 70 millions d’euros, était acceptée. Les services secrets français se sont bien élevés contre la vente du terrain à la Russie, soulignant sa proximité avec le ministère des Affaires étrangères, les appartements de fonction des employés de l’Elysée et plusieurs ambassades. La nouvelle cathédrale pouvait, selon eux, servir autant de base matérielle aux agents russes que de base spirituelle au clergé orthodoxe. Le projet comptait aussi des adversaires dans l’appareil d’Etat, y compris à l’Elysée et à Matignon, mais Sarkozy a tenu bon, comme il était resté ferme sur la vente des Mistral à Moscou face à Saakachvili, auquel il avait expliqué : “La Russie est partenaire de la France, et les partenaires, il faut leur faire confiance.” Et d’ajouter : “Pour tout”.

Cela signifie-t-il que Sarkozy est prêt à faire plaisir à ses amis russes “pour tout” et à leur assurer, avec les Mistral, les transferts de technologies que Moscou réclame ? La visite de Poutine n’a pas apporté de réponse définitive à cette question. Mais les deux pays n’ont pas l’intention de se contrarier mutuellement. Les Français pourraient proposer un compromis de type “technologies contre construction”, qui signifierait que trois des quatre Mistral vendus ne seraient pas assemblés en Russie, comme le veulent Poutine et Medvedev, mais en France, sur les chantiers de Saint-Nazaire. Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy, que Moscou s’obstinait à qualifier d’“atlantiste” jusqu’à ce qu’il devienne président, a avec la Russie des relations aisées et pleines d’assurance. Ce qui l’a convaincu, une fois élu, de se tourner vers la Russie -au bénéfice économique et politique de la France - c’est sans doute l’avis de l’influent “trio russophile” de Paris : Jean de Boissieu, Igor Mitrofanoff et Jean-David Levitte, trois conseillers essentiels de Sarkozy et Fillon pour ce qui concerne la Russie. Tous trois ont
des origines russes et manient parfaitement la langue de Pouchkine et de Tolstoï. Ils sont à l’origine des derniers gros contrats passés avec la Russie, de la participation accrue de Renault dans le groupe AvtoVAZ jusqu’à la vente des Mistral. En outre, Levitte entretient des relations amicales avec le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. Il a travaillé à l’ONU à l’époque où Lavrov y dirigeait la délégation russe. Il s’entend également très bien avec Sergueï Prikhodko, conseiller de Medvedev pour les affaires internationales. Il peut ainsi rapporter rapidement et avec précision à ses chefs ce qui se dit au Kremlin. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait glissé à la presse la teneur du fameux échange entre Poutine et Sarkozy, en août 2008, lors duquel le premier aurait juré de “pendre par les couilles” Saakachvili, arguant que, après tout, Bush avait bien fait pendre Saddam Hussein. Sarkozy aurait alors suggéré à Poutine qu’il vaudrait mieux “ne pas finir comme Bush” et ne pas donner l’assaut à Tbilissi. A Paris, beaucoup sont aujourd’hui persuadés que ce fut un bon conseil.
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