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 La grève des agences de notation : de l’arrogance à la démission

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RogeR
Président


Date d'inscription : 09/11/2006
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MessageSujet: La grève des agences de notation : de l’arrogance à la démission   06.07.10 18:10

23 juillet 2010

Les agences de notation se sont donc mises en grève : la forme est l’interdiction qui est faite aux émetteurs de faire état par écrit de la notation obtenue (qu’ils ont cependant payée).

Apres des années d’arrogance, le Roi est nu. Prétextant de la nouvelle réglementation financière qui leur impose une plus grande transparence, elles ont pris cette décision qui les met hors-jeu. Ce ne sont évidemment pas les agences de notations qui ont souhaité cette décision, mais bien leurs actionnaires parmi les quelles nous rencontrons le Français Fimalac, Warren Buffett et Mc Graw Hill. De quoi ont-ils peur ?
Le Dodd-Franck Act (il faudra bien s’habituer ce nom barbare avant qu’on lui trouve un surnom) a en effet franchi le Rubicon : les investisseurs lésés par les agences de notation auront un droit d’action contre elles. Subitement, les agences de notation devront rendre compte, non seulement à la SEC qui a des pouvoirs renforces, mais aussi a ceux que leurs avis ont lésés. Ford Credit Corporation vient de renoncer à un financement en raison de cette absence de notation. C’est l’abandon par les agences de leurs responsabilités.
Si elles croient que trois mois d’analyses de textes juridiques les autorisent de se retirer, c’est qu’elles n’ont pas encore compris que leur avenir ne tient qu’a un fil. Leurs juristes ont du leur faire très peur…Cette décision pourrait leur couter plus cher que le risque qu’ils encourraient en raison de poursuites d’investisseurs déçus. A moins bien sur qu’elles aient décidé de continuer à donner des notations du type de celles qui ont provoque la crise des subprimes.
Mais voyons le coté positif : les investisseurs vont devoir se poser la question de la validité du credit de l’émetteur. D’autre agences de notation vont peut être se développer sur ce terrain abandonné : il existe en effet des agences prêtes à prendre le relais.
Quant à mon sujet favori, les notations de risques souverains, il y a une bonne nouvelle : la Chine vient de lancer une agence de notation des risques souverains. Dagong’s Sovereign Credit Rating vient de publier ses notations souveraines. La Chine y a une note supérieure aux Etats-Unis, à la France ou à la Grande Bretagne. Ceci n’est pas risible. Au cours du G20, le President Hu Jintao a clairement exprimé son souhait de voir « une méthode objective, et uniforme pour évaluer les risques souverains ». L’argument de Dagong’s est irréfutable : « la croissance économique et leurs recettes fiscales sont insuffisantes face à la croissance de leur dette ». Serait-ce l’arroseur arrosé?“La cause de la crise financière mondiale et de la crise de la dette en Europe provient de ce que le système actuel de notation international ne prend pas suffisamment en compte la capacité de remboursement des Etats”, a déclaré le président de Dagong, Guan Jianzhong, en présentant le rapport de l’agence, commenté dans Le Monde.

En trois ans, les agences de notation ont fait une démonstration de leurs faiblesses structurelles. Cette dernière grève nous rappelle que, si l’arrogance est une arme de faibles, la démission l’est également. Les autorités européennes sont en action : que ce soir le Président de l’Eurozone ou de la Banque Centrale Européenne, ou le Commissaire au marché interne de l’Union Européenne, tous s’accordent sur le fait que l’oligopole des agences de notation pose un problème majeur. Il ne faudrait cependant pas ignorer la force des nouvelles règles imposées par la nouvelle réglementation aux Etats-Unis. Ce sujet doit être traite de manière coordonnée, comme le souhaite le G20. Un groupe de travail devrait se mettre à l’œuvre avant que cela devienne une bouteille à encre.

http://finance.blog.lemonde.fr/2010/07/23/la-greve-des-agences-de-notation-de-l%E2%80%99arrogance-a-la-demission/

Une agence de notation peut aussi être dégradée
Journal LE MONDE du 6 juillet 2010 - Marie de Vergès (Ecofrictions)
La réforme de la régulation financière aux Etats-Unis va-t-elle semer la zizanie entre les agences de notation ? Sur le point d'être définitivement adopté par le Congrès américain, le texte autorise les investisseurs à attaquer en justice les agences qui les auraient induits en erreur en faisant mal leur travail, "sciemment ou par négligence".

Un coup de semonce pour ces organismes, sur la sellette depuis la crise financière ? Sans doute. Mais loin de faire cause commune, Standard & Poor's (S & P) a jugé que la nouvelle législation mettait sous pression la qualité de crédit de... sa concurrente et néanmoins consoeur Moody's. Depuis le 29 juin, sa note de crédit à court terme A - 1, la deuxième meilleure sur l'échelle de S & P, est placée sous surveillance avec "implication négative". Autrement dit, ce "rating" a plus de 50 % de chances d'être dégradé dans les prochaines semaines.

Selon S & P, l'entrée en application de cette loi, qui permet des poursuites en cas de notation frauduleuse, risque d'entraîner "des frais judiciaires accrus" et "une moins bonne rentabilité" pour son homologue. En outre, une fois le texte voté par le Sénat, les investisseurs pourraient être incités à recourir moins fréquemment aux ratings des agences. Car la réforme supprime les références aux notations dans la réglementation. Encore un mauvais point pour Moody's... mais aussi pour Standard & Poor's ainsi que Fitch, la dernière de ce trio qui concentre plus de 90 % du marché.

"C'est assez comique, car S & P est concernée par à peu près tous les facteurs de risque qu'elle mentionne comme cause d'une possible dégradation", s'amuse Nicolas Véron, du centre d'analyse économique Bruegel. "En un sens, d'ailleurs, on peut saluer qu'elle n'ait pas éludé sa responsabilité d'agence de notation sur ce terrain délicat", ajoute-t-il.

Standard & Poor's tend-elle donc le bâton pour se faire battre ? Oui et non. L'agence américaine, détenue par le groupe McGrawHill, pourra faire valoir qu'elle est plus diversifiée. Outre son métier historique, elle est connue pour son activité de recherche sur les actions. Tandis que la seule notation représente 90 % du chiffre d'affaires de sa concurrente Moody's.

Cette dernière s'est retrouvée mise sur le gril ces dernières semaines. Début juin, d'anciens salariés ont été auditionnés par la commission d'enquête du Congrès sur la crise financière. Ils ont décrit une atmosphère de pression régnant sur les analystes pour attribuer des notes favorables à des produits financiers risqués afin d'assurer la signature de contrats. De quoi alimenter le reproche de conflit d'intérêt adressé aux agences, payées par les émetteurs qu'elles doivent noter.

Censeurs des entreprises et des Etats, ces sociétés connaissent à leur tour la sanction pour le rôle qu'elles ont joué dans la crise des subprimes. Incapables de déceler les risques de ces crédits immobiliers explosifs, elles ont finalement aggravé la tornade financière en dégradant brutalement les notes des banques. Elles ont aussi été au coeur de la polémique dans la crise de la zone euro. Accusées d'avoir semé la pagaille sur les marchés en abaissant sévèrement les notes de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal.

La refonte de la régulation aux Etats-Unis signe la fin d'un âge d'or pour ces agences qui profitent encore d'une extrême rentabilité avec un bénéfice représentant entre le quart et le tiers de leur chiffre d'affaires. Pour redorer leur blason, il leur faudra défendre leur actif le plus précieux : la crédibilité. Et quoi de plus convaincant que de savoir s'appliquer entre soi les "punitions" infligées aux autres...
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RogeR
Président


Date d'inscription : 09/11/2006
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MessageSujet: Re: La grève des agences de notation : de l’arrogance à la démission   25.07.10 11:27


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Dernière édition par RogeR le 31.07.10 18:11, édité 2 fois
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ericsanitas



Date d'inscription : 10/11/2006
Nombre de messages : 16

MessageSujet: Re: La grève des agences de notation : de l’arrogance à la démission   26.07.10 20:01

Les agences de notation constituent à l'heure actuelle et de façon évidente le maillon faible des etats Mauvais payeurs,meme si elles se mettent en gréve,les agences de notation ne pourrons plus se permettre de dire n'importe quoi,le mouvement est aujourd'hui bien engagé aux Etats Unis pour que celles ci soient enfin responsables de leurs actes,mais L'Europe est également bien orientée dans ce sens, la pétition qui a été engagée par L'afiper est toujours en action et le Parlement Européen nous a affirmé qu'une nouvelle réglementation concernant les agences de notation sera opérationnelle d'ici la fin de l'année,nous pourrons alors la tester et voir comment les choses évoluent de ce coté de l'Atlantique.
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MessageSujet: Re: La grève des agences de notation : de l’arrogance à la démission   Aujourd'hui à 4:02

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